Clémentine Laratte
Année Universitaire 2006-2007
Stage de six mois (février- août 2007) au sein du Secrétariat Technique de la Commission Interrégionale Méditerranée de Cités et gouvernement locaux unis (CGLU),
sous la direction de Mme Delphine Crevola
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Conception du projet : Quelle communication pour la Commission Méditerranée?
L’idée de créer en place une newsletter pour la Commission Méditerranée a été évoquée par la responsable du Secrétariat Technique (D. Crévola) lors d’une réunion en présence de la chargée de mission de la Ville de Marseille (C. Boutrolle) et du chargé de mission de préfiguration du PICDUM (S. Houpin), le premier jour de mon arrivée à Marseille le 5 février 20007.
1. Diagnostic
§ Une réponse à des objectifs de la Commission Méditerranée de CGLU
Si la création d’une newsletter de la Commission Méditerranée n’a jamais été explicitement formulée par les membres et partenaires de la Commission, ce projet répond à plusieurs objectifs inscrits dans les attributions de Commission et son plan d’action.
- Le développement de la structure (augmenter le nombre de ses membres, et favoriser la représentativité de l’ensemble de la région) implique des actions de communication afin de mobiliser les « têtes de réseaux » et d’intégrer de nouveaux membres.
- La création d’une newsletter est un moyen de donner forme au travail de veille et de relais d’information effectué par la Commission Méditerranée sur les évènements, les dispositifs techniques et financiers d’aide aux collectivités territoriales et leurs réseaux.
- L’objectif de favoriser la synergie des initiatives de coopération décentralisée et la mise en commun des moyens nécessite la communication sur les différentes initiatives afin de favoriser le contact et l’échange entre les porteurs de projets et leurs potentiels partenaires.
§ Besoin de visibilité
Le projet est également une réponse au besoin pour cette structure encore récente[1], qui a vocation à être représentative des réseaux et associations de pouvoirs locaux en Méditerranée, de se positionner auprès des collectivités locales, des réseaux, des associations, ainsi que leurs partenaires en Méditerranée, comme une source d’information et un interlocuteur clé concernant les dispositifs, évènements et acteurs de la coopération décentralisée en Méditerranée.
En ce sens, la newsletter a entre autres objectifs de présenter, faire connaître la Commission, et de promouvoir ses activités auprès de l’ensemble des acteurs engagés dans la coopération décentralisée en Méditerranée.
A noter également que le Secrétariat mondial de CGLU a développé avec l’appui de la Diputacio de Barcelone un portail Internet intitulé GOLD ( Global Observatory on Local democracy and decentralisation ) qui a vocation à constituer une « source majeur d’information sur les gouvernements locaux, les autorités locales, la solidarité internationale et l’échange de savoir-faire » en fournissant des informations sur les gouvernements locaux et l’autonomie locale à travers le monde, tout particulièrement ses membres, à travers une rubrique présentant sous forme de fiches synthétiques les gouvernements locaux et associations de pouvoirs locaux membres de CGLU ». Conformément à l’organisation de CGLU en sous sections régionales, les informations sur les associations de collectivités locales en méditerranée sont divisées entre les sections « Europe » (associations françaises, espagnoles, portugaises, italiennes, grecques, ainsi que l’Union des autorités locales d’Israël ULAI), « Afrique » ( Association nationale des collectivités locales marocaines et Fédération nationale des villes tunisiennes) et « Moyen Orient et Asie Centrale » (Association des autorités locales palestiniennes, Union des municipalités de Turquie) .
§ La réalisation d’un inventaire et d’un agenda des collectivités territoriales et des réseaux méditerranéens confiée au PICDUM
Lors d’une réunion à Turin le 24 mars 2006, les acteurs des réseaux méditerranéens ont exprimé la volonté commune de permettre une visibilité des actions conjointes à travers la constitution d’un outil d’inventaire des réseaux présents en Méditerranée et de leurs actions respectives, géré par la Commission Méditerranée de CGLU.
La conception générale de l’outil, la mise en œuvre technique du site et son administration ont été confiés par la le Secrétariat technique de la Commission Méditerranée (représentant de la Ville de Marseille et de la Région PACA, maîtres d’ouvrage du projet ) à l’équipe de la mission de préfiguration du Pôle International de Compétences en Développement Urbain pour la Méditerranée (PICDUM). Un cahier des charges fut établit au sein de la Commission Méditerranée, et la lettre de commande fut adressée à la mission de préfiguration du PICDUM le 12 avril 2006.
Il s’agissait, à partir des informations recueillies auprès des différents réseaux, de réaliser :
- Le recensement et l’établissement d’une liste exhaustive des acteurs présents dans la coopération en Méditerranée, ainsi que les partenariats existants entre collectivités.
- La réalisation et l’animation d’un agenda des évènements et initiatives de ces réseaux en Méditerranée, assurant l’organisation et la diffusion de l’information, ainsi que la valorisation des actions de coopération menées par les collectivités locales méditerranéennes
Sur proposition de la mission de préfiguration du PICDUM, il a été convenu que ce projet ferait l’objet d’une restitution sous la forme d’un site Internet, structuré à partir d’une base de données permettant à terme de capitaliser l’information recueillie et de procéder à des analyses rétrospectives sur l’activité des réseaux en Méditerranée. Ce site Internet constituerait ainsi un premier élément du futur site de la Commission Méditerranée.
La présentation d’une première maquette du site réalisée par Melle Lorraine Falconnetti, chargée de communication-multimédia au sein du bureau de la Banque Mondiale KNA MENA et la validation du dispositif général eurent lieu le 7 juillet 2006 lors d’une des premières réunions techniques de la Commission Méditerranée.
Cette base de données a été hébergée de façon provisoire sur le site du réseau des villes « Europe-Mena » animé par la Ville de Marseille et la Banque Mondiale[2], dans l’attente d’être hébergée sur le site de CGLU.
La première mise en ligne (version 0) a été effectuée le 15 Octobre 2006, en vue de sa présentation officielle par l’équipe du PICDUM lors du Conseil mondial de CGLU à Marrakech le 1ier Novembre 2006.
Si, dans son fonctionnement courant le site a vocation à être alimenté par les réseaux eux même, la mission de préfiguration du PICDUM a proposé dans un premier temps une première base de contenu, renvoyant aux sites existants des différents réseaux référencés, dans le but « de faciliter leur adhésion à ce dispositif les impliquant pleinement »[3]. Les informations publiées sur cette version pilote étaient censées faire l’objet d’une validation de la part des collectivités locales et des structures concernées, invitées à réagir sur cette première version et à fournir des informations à mettre en ligne.
Toutefois, la mission de préfiguration du PICDUM a pu constater que « les réseaux de collectivités locales, demandeurs de la démarche, ont manifesté peu d’intérêt pour la suite de la mise en œuvre »[4]. Malgré plusieurs relances, presque aucune réponse pour la validation des contenus n’a été obtenue. Ainsi, à quelques exceptions près, l’ensemble des éléments de contenu du site a été constitué par l’équipe de la mission, y compris pour la partie agenda, en naviguant sur les sites des réseaux.
La mission de préfiguration du PICDUM assure l’administration du site durant une première phase de rodage jusqu’au transfert des données sur le site de CGLU, date à laquelle la gestion du site sera confiée au Secrétariat technique de la Commission.
En effet, la prochaine étape du projet prévoit l’intégration du site au sein de celui de CGLU, dans les espaces réservés aux commissions et groupes de travail. Un dialogue entre le Secrétariat technique de la Commission Méditerranée et le Secrétariat mondial de CGLU à Barcelone a été engagé en ce sens depuis fin 2006. Dans la mesure où il s’agit de la première demande en ce sens émanant d’une Commission, ce processus nécessite des décisions d’ordre technique sur des conditions générales d’hébergement et des modalités d’administration pérennes de sites Internet, que le Secrétariat mondial devrait proposer à toutes ses Commissions et groupes de travail, ce qui appelle à des réflexions de fond sur les relations entre le Secrétariat mondial et les différentes commissions qui constituent CGLU. A l’heure actuelle, et ce malgré les relances régulières du Secrétariat technique de la Commission Méditerranée, le Secrétariat Mondial n’a apporté aucune réponse concrète à cette question.
Toutefois, dans la perspective de la fin de la mission de préfiguration du PICDUM fin Juin 2007, la matrice de la base de données a été transférée sur un CD ROM, et l’alimentation du contenu du site a été interrompue début mai 2007. Les informations précédentes restent toujours visibles sur le site Euromedina.
Certains éléments du bilan tiré par la mission de préfiguration du PICDUM sur la réalisation de la base de données « agenda et inventaire des réseaux méditerranéens » pour la Commission Méditerranée peuvent constituer des enseignements dans la perspective de la mise en place d’une newsletter. La mission de préfiguration du PICDUM évoque comme éléments d’explication du
manque d’appropriation et d‘utilisation de l’outil « la nature informelle de la demande initiale formulée par les réseaux et l’absence de contrepartie, ne fut-ce que symbolique, demandée en retour du service rendu par la réalisation de cet outil à destination de tous ».
Si l’appropriation du projet par les partenaires apparaît d’emblée comme un défi de taille pour tout projet de ce type, il ne m’apparaît pas que la formalisation d’une demande (sous la forme d’une commande écrite, d’un vote ect…) en soit une condition nécessaire ou suffisante. Si leur implication active est souhaitable, c’est en premier lieu aux concepteurs du projet de présenter un premier contenu attractif démontrant l’intérêt de l’outil pour les partenaires. Si nous pouvons émettre l’hypothèse que le premier contenu proposé n’a pas entièrement répondu aux attentes des réseaux, il est certain que l’usage et l’utilité de l’outil doivent être évalués sur un temps plus long. Les difficultés rencontrées par le PICDUM révèlent notamment l’importance qu’un outil de communication de la Commission apporte une plus value aux membres du réseau. En ce sens, si la newsletter sera, comme le site, « à destination de tous », elle devra développer plus particulièrement les informations de ses membres.
Quelles que soient les limites de la base de données et les incertitudes concernant sa gestion future, le projet de newsletter devra en être complémentaire, comme deux éléments d’une stratégie de communication d’ensemble de la Commission Méditerranée.
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