MASTER 1 Recherche

2006-2007

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INTRODUCTION

Après plus de dix années d’indépendance, on assiste, dans certains pays de l’espace post-soviétique, à de dites « révolutions colorées », données comme le nom de leur démocratisation. La période où certains estimaient que dans les sociétés postcommunistes « le marasme soviétique semblait priver de toute initiative »1, semble être close. Tandis que le terme de démocratie se traduit généralement par l’existence d’un Etat de droit, de libertés politiques, économiques et sociales, un pluralisme politique ou encore la séparation des pouvoirs, nous pouvons dire de ces « révolutions » là, au premier abord, qu’elles ne sont que des changements des rapports de forces entre les partis au pouvoir et ceux de l’opposition.

Ces « révolutions », donc, étaient censées marquer une rupture, totale ou partielle, avec l’héritage soviétique et la dépendance politique envers la Russie et, finalement, une ouverture vers l’Ouest. Certaines de ces « révolutions » visaient le détachement du pays de la tutelle russe en matière de politique extérieure. Nous pouvons qualifier ces révolutions de « révolutions parlementaires », car les manifestations populaires qui les ont accompagnées étaient organisées par l’opposition, et le changement d’échiquier politique, faute de passer par le vote, s’effectuait par le biais de ces manifestations populaires. En Ukraine, par exemple, c’est sous la forme de l’occupation de la place centrale de la capitale pendant une dizaine de jours que les manifestants arrivent à réaliser la « révolution orange » ukrainienne.

Ces manifestations, Géorgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005, appelées « révolutions », étaient attendues en Biélorussie lors des élections présidentielles de mars 2006 par l’Occident et par l’État biélorusse, comme par l’effet de contagion. Cette crainte amena les autorités biélorusses à anticiper les élections de 4 mois, à dénoncer la situation des pays nouvellement « révolutionnés » dans les médias nationaux, et à susciter l’effroi en menaçant de répressions sévères quiconque prendrait part à une tentative de coup d’Etat, etc…